La nouvelle réalité de nos PME manufacturières

Publié le 30 avril 2020.

Un article du président-directeur général de STIQ, M. Richard Blanchet

La crise que l’on vit actuellement entraine des conséquences importantes pour les PME manufacturières québécoises. À divers degrés, celles-ci ont subi les effets de baisses de commandes, dès les débuts, combinées à la restriction de cesser les activités non essentielles. Ainsi, la plupart des PME ont grandement réduit ou totalement cessé leurs opérations manufacturières. En termes de ventes, les baisses sont souvent de l’ordre de 30 % à 50 %, voire 100 %.

Au cours des prochaines semaines, la reprise progressive des activités manufacturières entrainera son lot d’ajustements. Si ce n’est déjà fait, les entreprises devront mettre en place des mesures pour protéger la santé de leurs employés, telles que le réaménagement des postes de travail pour préserver la distanciation sociale, les changements d’horaires et l’établissement de procédures de nettoyage des espaces de travail. Ces nouvelles mesures pourraient avoir un impact négatif sur la productivité.

Hormis les directives gouvernementales, la reprise des activités, et ainsi le retour au travail des employés, se feront de manière graduelle chez la plupart des entreprises, car la demande pour leurs produits et services ne reviendra pas instantanément à son niveau d’avant la crise. De plus, la pénurie ou la rareté de certains produits ou matières premières, que l’on observe déjà, pourrait se poursuivre encore quelque temps.

Outre la baisse des ventes, le niveau de liquidités des entreprises pourrait être affecté par des retards de paiements de la part des clients et l’exigence de payer sur livraison de certains composants ou matières premières. Malgré les généreuses mesures d’aides financières et d’allègements fiscaux mis en place par les gouvernements et les sociétés d’état, la question des liquidités demeurera problématique durant quelques semaines, voire mois, pour plusieurs entreprises.

Dans un marché où, au cours des prochains mois, l’offre pourrait bien excéder la demande, on peut aussi s’attendre à une pression à la baisse sur les prix de la part des clients. Ceci aura un impact direct sur la profitabilité de nos PME manufacturières.

En conséquence, face à cette situation, les entreprises se concentreront sur leurs nouvelles priorités : trouver de nouveaux clients pour compenser la baisse de commandes et maintenir les liquidités.

Ainsi, il est à prévoir que des projets d’amélioration, d’augmentation de capacité de production ou d’automatisation seront temporairement mis de côté chez plusieurs PME. Non par manque de vision, mais plutôt de marge de manoeuvre financière ou de certitude quant au retour rapide sur l’investissement, les chefs d’entreprise prendront des décisions difficiles. Les projets restants viseront davantage la réduction des coûts d’exploitation. D’ailleurs, le soutien financier des deux paliers de gouvernement envers les investissements pour améliorer la productivité des entreprises sera plus nécessaire que jamais dans les mois à venir.

Dans cet environnement incertain, les PME devront être encore plus créatives et trouver de nouvelles façons de faire. Par exemple, l’établissement de partenariats entre entreprises pourrait leur permettre de faire plus avec des moyens réduits. Selon notre étude, le Baromètre industriel québécois, cette stratégie apporte des bénéfices tangibles pour la grande majorité des entreprises qui y ont recours.

Cette même étude montre que l’innovation, que ce soit au niveau des produits, de la fabrication, de la gestion ou de la commercialisation, permet aussi à nos entreprises de se démarquer, d’exporter davantage et d’afficher une meilleure performance.

Enfin, certaines entreprises devront se tourner vers de nouveaux types de clients. La volonté gouvernementale d’accélérer les projets d’infrastructure et d’encourager l’approvisionnement local, tout en respectant nos accords commerciaux, offrira de nouvelles avenues à de nombreuses entreprises.

Face à tous ces défis, nos PME manufacturières sauront faire preuve d’imagination et de résilience, comme elles l’ont démontré par le passé.

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